Comment Tenir Votre Position Face aux Objections Sans Perdre le Fil de Ce Que Vous Étiez en Train de Dire
(Même si on vous coupe trois fois, même si la remarque tombe devant toute l'équipe)
Continuez à lire si vous voulez :
- Reconnaître en une seconde à quelle famille appartient l'objection qu'on vient de vous opposer
- Traiter une objection en quatre temps, en moins de trente-cinq secondes, au lieu de deux minutes
- Revenir à votre message par une formule préparée, pour que la salle retienne votre phrase et non celle d'en face
- Dire que vous n'avez pas la réponse, avec un suivi daté, sans que votre position s'affaiblisse
- Arrêter un échange qui tourne en rond, sans agressivité et sans donner l'impression de fuir
Cher lecteur, chère lectrice,
Il y a une scène de bureau que vous connaissez bien, et personne ne l'appellerait un conflit.
Vous exposez un dossier. Un budget, une réorganisation, un choix d'outil. Vous avez travaillé sérieusement, votre sujet est maîtrisé, et le début se passe très bien.
Puis quelqu'un dit : « oui, mais ». Vous répondez. Une deuxième remarque arrive, qui porte sur autre chose. Vous répondez encore. Une troisième tombe, d'une autre personne, sur un détail que vous n'aviez pas prévu.
Au bout de dix minutes, le sujet dont on discute n'est plus le vôtre.
Et personne, dans la salle, n'a décidé que vous aviez tort. On a retenu quelque chose de bien plus coûteux : que ce dossier tenait moins bien qu'annoncé, puisque la personne qui le portait a reculé pendant dix minutes.
Vous connaissez aussi ce qui se passe ensuite. Le compte rendu ne reprend pas votre point. La décision est repoussée « pour approfondir ». Et trois semaines plus tard, quelqu'un d'autre reprend la même idée, en réunion plus restreinte, et elle passe.
Alors on vous donne des conseils. Reste calme. Prépare mieux tes arguments. Ne te laisse pas faire. Aie plus de repartie.
Regardez ce que ces conseils ont en commun.
Aucun ne vous dit par quelle phrase commencer, combien de temps parler, à quel moment vous arrêter, ni comment ramener la discussion sur votre sujet une fois que vous avez répondu. Ce sont des états d'esprit, pas des gestes.
« Reste calme » est le plus inutile des quatre : personne ne s'est jamais calmé parce qu'on le lui a demandé. Quant à « ne te laisse pas faire », il produit l'effet contraire de celui qu'il vise : on répond alors plus vite, sur un ton plus haut, et pendant beaucoup plus longtemps.
Je me souviens très précisément du comité qui m'a fait comprendre le problème. J'avais deux ans de travail derrière moi sur le dossier. Je connaissais chaque chiffre, chaque hypothèse, chaque objection possible. J'avais même écrit les réponses.
J'ai répondu à tout. Correctement. Pendant vingt-cinq minutes.
Et en sortant, un collègue m'a dit une phrase que je n'ai jamais oubliée : « C'est dommage, on n'a pas vraiment eu le temps d'entendre ce que tu proposais. »
Je n'avais pas manqué d'arguments. J'avais donné les miens, tous, un par un, sur le terrain des autres. Et à aucun moment je n'étais revenu à ce que j'étais venu défendre.
Cette erreur m'a coûté trois ans.
Trois ans à croire que le problème était en moi, et à essayer de le corriger de l'intérieur. Plus de sang-froid. Plus de fermeté. Plus de préparation. J'ajoutais des arguments avant chaque réunion, et je ressortais chaque fois un peu plus bousculé, avec le sentiment d'avoir eu raison sans que cela serve à rien.
Ce n'était pas un problème de caractère. C'était un problème de trajectoire.
J'ai fini par changer complètement de méthode. Pendant plusieurs mois, j'ai arrêté d'analyser mes propres réunions, et je suis allé regarder celles des autres. J'ai assisté à des comités, des points d'équipe, des rendez-vous clients, avec un carnet, sans participer.
Je notais une seule chose : ce que faisaient les gens dont le sujet ressortait intact.
Ce que j'ai vu m'a surpris, parce que ce n'était pas du tout ce que je cherchais.
Ces personnes ne parlaient pas mieux que les autres. Elles n'avaient pas de meilleurs arguments. Elles ne montaient jamais le ton, et surtout, elles ne cherchaient jamais à faire dire à leur contradicteur qu'il s'était trompé.
Elles faisaient trois choses, et toujours les mêmes.
La première : leurs réponses étaient courtes. Beaucoup plus courtes que les miennes. Souvent une affirmation, un seul appui, et un arrêt net. Là où je donnais quatre raisons, elles en donnaient une.
La deuxième : avant de répondre, elles reformulaient l'objection à voix haute, en une phrase, et cette phrase était toujours plus étroite que ce qui venait d'être dit. Elles ne répondaient pas à tout. Elles choisissaient à quoi répondre, et elles le disaient.
La troisième : et c'est celle qui change tout, elles terminaient chaque réponse en revenant à la même phrase. La même, mot pour mot, à chaque fois. Après la première objection, après la deuxième, après la troisième.
J'ai compté, sur une réunion d'une heure : la même phrase était revenue quatre fois. Personne dans la salle ne l'avait remarqué. Et à la sortie, quand j'ai demandé à trois participants ce que la personne défendait, les trois m'ont redonné cette phrase presque à l'identique.
C'est ce jour-là que j'ai compris ce que je faisais depuis toujours, et que fait presque tout le monde.
Je traitais chaque objection comme un problème à régler. Elles traitaient chaque objection comme un détour, dont il fallait revenir.
Ce que je prenais pour un manque de fermeté était un défaut de retour : je répondais très bien, et je ne revenais jamais.
Alors, j'avais deux options :
Option #1 :
Continuer à préparer des dossiers irréprochables, répondre à tout, avoir raison sur chaque point, et regarder mes sujets sortir des réunions vidés de leur substance.
Option #2 :
Apprendre la mécanique que ces personnes appliquaient sans même la nommer, et la travailler comme on travaille un geste technique, jusqu'à ce qu'elle sorte toute seule quand la remarque tombe.
Si vous êtes comme moi, vous savez que l'option #1 n'en était pas une.
J'ai donc décomposé ce que j'avais observé, et je l'ai testé sur mes propres réunions pendant deux ans. Pas dans un stage, pas devant un miroir : dans les comités et les rendez-vous qui étaient déjà à mon agenda.
Les premières semaines ont été inconfortables, et je vous préviens tout de suite : elles le seront pour vous aussi. Une réponse brève laisse le sentiment d'être resté en dessous. Ce sentiment est trompeur, et l'enregistrement de la séance le démontre à chaque fois.
Puis les choses ont bougé. Mes réponses sont passées de deux minutes à trente secondes. Les points contestés ont cessé de revenir trois fois. Et surtout, on a recommencé à me citer correctement dans les comptes rendus.
Aujourd'hui, je ne réponds pas mieux qu'avant. Je réponds moins. Mais ce que je viens défendre ressort entier, et c'est la seule chose qui compte.
C'est exactement pour cette raison que j'ai écrit ce livre.
La méthode de la Ligne Tenue : un message qui ne bouge pas, six familles, quatre temps
Tenir face à la contradiction ne demande ni autorité naturelle, ni art du dernier mot. Cela demande trois pièces, et elles s'assemblent.
Un message qui ne bouge pas. Une quinzaine de mots, rédigés avant la réunion, qui disent ce que vos auditeurs doivent pouvoir redire une fois sortis. Ce n'est pas une formule publicitaire : c'est un repère fixe, et la mécanique entière sert à y ramener la discussion.
Six familles d'objections. Ce qu'on peut vous opposer est sans limite ; la manière de le formuler, non. Il existe six familles seulement, et vous préparez désormais six conduites au lieu d'une liste de réponses. Une remarque que vous n'aviez pas prévue se range alors en une seconde.
Quatre temps. On accueille, on isole, on répond, on revient. L'ordre ne change jamais et aucun des quatre ne se saute. Le dernier est celui que presque personne n'exécute, et c'est pourtant lui qui décide de ce qui restera.
Rien là-dedans ne vous demande de hausser le ton, ni de convaincre celui qui vous contredit. Vous verrez d'ailleurs, dès les premières pages, pourquoi cet objectif est celui qui vous fait perdre le plus de temps.
Imaginez juste un moment...
- Encaisser une remarque sèche devant huit personnes, marquer un temps, et répondre d'une voix qui n'a pas bougé
- Répondre en trente secondes à une objection qui vous en aurait coûté deux minutes, et voir la discussion avancer
- Terminer chaque réponse par votre phrase, pour que ce soit elle, et non l'objection, que l'on répète après la réunion
- Dire « je n'ai pas la réponse » et annoncer un suivi daté, sans que rien ne s'affaisse dans la salle
- Sortir d'un comité difficile avec votre sujet intact, et sans avoir pris un seul engagement que vous n'aviez pas prévu
La bonne nouvelle : ce sont des gestes, et ils se travaillent sur le terrain
Vous n'avez pas besoin d'un stage coûteux.
Vous n'avez pas besoin de devenir quelqu'un qui aime la confrontation.
Vous avez besoin de savoir quoi écrire avant d'entrer, comment reconnaître ce qu'on vous oppose, quoi dire en premier, quand vous arrêter, et par quelle formule revenir.
Et l'entraînement se fait pendant les réunions que vous avez déjà, sans que personne ne s'en aperçoive.
Maintenant, laissez-moi vous poser une question...
À quoi ressembleraient vos réunions
si vos sujets en sortaient entiers ?
Si vous n'aviez plus à ravaler un point que vous aviez préparé, ni à relire un compte rendu où votre proposition a disparu au profit d'une remarque de couloir ?
Pour que ce travail serve à d'autres, j'ai tout réuni dans un livre simple.
J'ai le plaisir de vous présenter le livre numérique :
Tenir sous la Contradiction
Garder son fil quand la discussion se durcit
Ce livre est très différent des ouvrages qui promettent d'avoir raison ou de répondre du tac au tac. Il ne traite pas des trois secondes qui suivent une pique. Il traite des dix minutes pendant lesquelles on vous oppose une position, argumentée ou non, qu'aucune formule bien tournée ne fera disparaître.
À l'intérieur, chaque leçon suit la même trame : ce que vous allez savoir faire, le principe en quelques lignes, le protocole pas à pas, des échanges travaillés mot pour mot, l'exercice du jour minuté, et un critère de réussite que vous pouvez vérifier vous-même.
Et le meilleur ?
Ce n'est pas un livre à lire, c'est un livre à emporter dans vos rendez-vous. Les banques de formulations sont écrites pour être employées telles quelles, dès votre prochaine réunion.
Voici un aperçu de ce que vous apprendrez dans ce livre
Le parcours est composé de 6 étapes progressives et complémentaires :
Étape #1 : Comprendre ce qui se joue vraiment
Pourquoi vous perdez le fil alors que vous aviez la bonne réponse, et ce que vous poursuivez sans le savoir.
- Les quatre issues possibles d'un échange contradictoire, et la cinquième, celle qui n'existe pas et que tout le monde poursuit
- Le geste qui supprime la question « où j'en étais » et fait tomber votre délai de reprise sous les trois secondes
- La différence exacte entre répondre et se justifier, repérable à trois signes dans votre propre phrase
- Les trois réglages physiques à exécuter pendant que l'autre parle, pour que votre voix soit stable avant votre premier mot
Étape #2 : Écrire le message qui ne bougera pas
La phrase de dix à quinze mots que la salle doit pouvoir répéter en sortant, et la trame qui la produit en trois minutes.
- Les trois contrôles qui distinguent un vrai point fixe d'un simple résumé de votre présentation
- La trame en trois cases : le bénéficiaire, le changement observable, la limite que vous assumez d'emblée
- Pourquoi une phrase qui contient déjà sa propre limite laisse beaucoup moins de prise à l'objection
- La règle de l'appui unique : une affirmation, un seul appui, et un arrêt net qui donne du poids au reste
Étape #3 : Reconnaître l'objection en une seconde
Six familles, six conduites. Vous cessez de préparer des réponses point par point, qui s'écroulent dès qu'une remarque n'était pas prévue.
- La carte des six familles, avec le signe qui permet de les distinguer avant même la fin de la phrase
- Le test des trois mots, qui classe une remarque pendant qu'elle est encore en train d'être prononcée
- La règle qui traite les remarques portant sur vous, et pourquoi défendre sa personne confirme toujours la remarque
- Comment repérer la prémisse cachée d'une question dont les deux réponses possibles vous coûtent
Étape #4 : Traiter en quatre temps
La séquence complète, chronométrée, avec les formulations écrites mot pour mot pour chacun des quatre temps.
- Les cinq phrases d'accueil qui ne concèdent rien et ne contestent rien, et les trois formules à ne jamais employer
- Comment réduire une objection longue à un point unique et vérifiable, à voix haute, sans que cela paraisse une esquive
- Les six formules de retour à alterner, pour que la répétition de votre phrase s'entende comme de la constance
- Les trois éléments d'un aveu d'ignorance qui ne coûte rien, et le seul des trois qui soit obligatoire
Étape #5 : Tenir sur les terrains difficiles
Devant témoins, face à un supérieur, avec un client, dans une réunion où l'on ne finit pas ses phrases, en visioconférence et par écrit.
- La règle de proportion qui décide de ce que pensera la salle, avant même qu'elle ait écouté votre argument
- Les quatre éléments d'un désaccord exprimé à un supérieur, et celui qui rend les trois autres audibles
- Les trois marches à monter quand on vous coupe, et la phrase à dire à la troisième interruption
- Ce qu'il faut supprimer d'une réponse écrite, et le seuil au-delà duquel il faut cesser d'écrire
Étape #6 : Clore, mesurer, et vos 30 jours
Savoir arrêter un échange qui ne produit plus rien, puis suivre quatre indicateurs qui ne dépendent pas de ce que vous ressentez.
- La règle des trois passes : ce que produit chaque nouvel aller-retour sur le même point, et où s'arrête l'utile
- Les quatre clôtures, dont une seule ne se termine pas par votre message, et pourquoi
- Les cinq signes visibles sur lesquels une salle se fait un avis, et l'ordre dans lequel les régler
- Le plan d'entraînement jour par jour, la boîte à outils de huit fiches et la grille d'auto-évaluation
Et vous ?
Serez-vous le prochain à sortir d'un comité difficile avec votre sujet intact, votre phrase reprise par trois personnes, et aucun engagement improvisé sur les bras ?
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J'espère sincèrement que ce livre vous donnera ce qui m'a manqué pendant des années : non pas l'art d'avoir le dernier mot, mais la marche à suivre pour que votre sujet sorte intact d'une discussion difficile.
À votre prochaine réunion,
Thomas Vasseur
Les résultats dépendent de votre situation et de votre pratique des exercices. Speak Aplomb est un contenu éducatif et ne garantit pas un résultat professionnel particulier.